Municipales : une élection qui en cache d’autres – 06/01/25
Plus que trois mois avant les Municipales ! On va élire des conseillers municipaux, puis des maires pour gérer nos villes et villages. Mais le vrai pouvoir se situe bien souvent ailleurs : au niveau des intercommunalités, surtout lorsque l’on parle des métropoles. Et les 15 et 22 mars prochains, vous voterez aussi pour élire les conseillers communautaires qui y siègent. On vous explique tout, dans ce cinquième épisode de Radar !
Comme son nom l’indique, l’intercommunalité c’est le regroupement de plusieurs communes. Elles sont nées de la mise en commun des compétences et des budgets, pour porter collectivement des projets sur le territoire. Les communes qui n’auraient pas les ressources nécessaires, par exemple pour une construction ambitieuse, comme une piscine ou une salle des fêtes, peuvent alors compter sur l’aide de leurs voisines.
Leur forme varie selon la taille des communes en question. Pour former une interco, il faut un minimum de 15 000 habitants. Et ce premier palier, on l’appelle la communauté de communes. Dans les territoires ruraux et montagnards, une dérogation est possible pour pouvoir former des interco avec moins d’habitants.
Ensuite, on a la communauté d’agglomération, à partir de 50 000 habitants. Et enfin, la métropole, qui doit compter au minimum 250 000 habitants.
En tout, on a 1254 intercommunalités en France, dont 24 sont des métropoles. C’est le cas de Paris, Lyon et Marseille évidemment, qui ont des statuts particuliers comme le détaille Vie publique. Mais aussi de Toulouse, Nantes, Lille, Strasbourg, etc.
Pouvoirs délégués, responsables changés
L’interco gère, notamment, les transports en commun. Mediacités en détaille parfaitement les enjeux à Lyon par exemple. Quand Jean-Michel Aulas, candidat de droite à la mairie de Lyon, promet la gratuité des transports pour les faibles revenus dans la métropole, il n’a en réalité pas la main dessus. Sauf, s’il est ensuite élu président du conseil métropolitain…
L’interco, c’est aussi la collecte des déchets, l’eau et l’assainissement. Donc, si vous associez la grève des éboueurs de Toulouse à des manquements de la mairie, et bien elle n’y est pour rien, ou en tout cas pas seule. Car, dans certains cas, le maire et le président de la métropole peuvent être la même personne. C’est le cas à Toulouse ou à Nantes.
Enfin, les intercommunalités gèrent aussi l’accès au logement, notamment social. Elles doivent donc contrôler les dérives des bailleurs sociaux, comme à Lille par exemple. Elles décident aussi de la construction d’équipements publics coûteux, comme les écoles, les médiathèques ou les maisons de santé.
Toutes ces compétences ne relèvent plus du seul bon vouloir des mairies qui peuvent même déléguer d’autres sujets aux intercos. Et donc leur financement. Une situation qui ne facilite pas forcément le travail des listes citoyennes (Radar #4 pour en savoir plus) qui veulent faire différemment des élus traditionnels par exemple.
Le budget des interco justement, il est souvent bien supérieur à celui des communes. Logique, vu qu’on parle de mutualisation. Mais n’empêche, de plus en plus d’élus locaux critiquent ce poids grandissant sur leurs actions et marges de manœuvre. Parce qu’en parallèle, les compétences de l’interco ne cessent de s’élargir, quand celles de la commune perdent de l’ampleur. Les maires se retrouvent alors noyés dans ces regroupements, initialement censés les soutenir.
C’est la taille qui compte
Voter en mars, pour les Municipales, aura un impact sur tout cela en fonction de la taille de la commune. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les représentants au conseil communautaire sont forcément le maire, puis le 1er adjoint et ainsi de suite, selon le nombre de sièges attribués. Pour les plus grandes communes, les électeurs trouveront une liste distincte sur leur bulletin de vote, qui reprend les têtes de listes aux municipales. Un système aussi valable pour Paris et Marseille, malgré leur statut particulier.
Par contre, à Lyon, c’est une autre histoire. En mars 2026, les Lyonnais devront mettre un bulletin de vote dans trois urnes différentes, : pour l’élection des conseillers municipaux, celle des conseillers d’arrondissement et enfin, celle des conseillers communautaires.
Les présidents des interco, eux, sont ensuite élus par ces conseillers, et non directement par les citoyens. Ces derniers n’ont alors aucune prise sur ce choix, alors que le ou la présidente, notamment au niveau métropolitain, a un poids non négligeable sur les décisions. Des décisions qui impactent fortement la vie des habitants, comme on a pu le voir à Marseille (peut-être expliciter avec un exemple, non ?) pendant ce mandat.
Bien que l’on en parle moins, les élections communautaires ont donc de plus en plus de poids. Peut-être même plus que les élections municipales. Avec des budgets de plus en plus conséquents, près de 4 milliards d’euros pour le Grand Lyon, et des compétences de plus en plus larges, les interco régissent la vie des communes membres. Et celle de leurs habitants.
Pour illustrer tout cela, nous reviendrons sur les cas concrets de Lyon, Toulouse, Lille et Nantes dans les prochains épisodes de Radar. Ces villes où sont implantées les rédactions de Mediacités.
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Réalisation et montage : Perrine Bontemps
Une série de vidéos en partenariat avec Mediacités, soutenue par le Fonds pour une presse libre

