Priscillia Ludosky : les Gilets jaunes, un accélérateur militant

En Mai 2018, Priscillia Ludosky, en pleine reconversion professionnelle, lance une pétition contre la taxe carbone. Le combat touche bien plus de monde qu’elle ne le pensait. Six mois plus tard, le 17 novembre 2018, ils décident d’organiser une manifestation, c’est le début du mouvement des « Gilets jaunes » et d’une aventure militante pour Priscillia.

Juste avant la mobilisation de novembre, 900 000 personnes ont déjà signé sa pétition. Un signal fort. « Je me suis sentie responsable de la confiance de ces gens. Poser sa signature sur une pétition, mettre son nom à visage découvert est un engagement fort. Donc, cette fois, je vais aller plus loin. » Car, des pétitions, elle en avait déjà lancée, elle qui a toujours été « en défense contre les injustices » : plus jeune, dans son parcours de de Martinique à l’Ile-de-France, adolescente révoltée contre le mal-logement ou la désorientation scolaire, adulte face à la violence de l’exploitation au travail. « Je ne me voyais pourtant pas dans la rue à ce moment-là, encore très focalisée sur mon engagement digital. »

Serial engagée depuis 2018

Elle embarque donc, un peu malgré elle, dans ce « TGV » des luttes sociales médiatisées : les voyages, conférences, et interventions s’enchaînent. Elle devient une des figures emblématiques de ce mouvement populaire national. Ce n’est qu’au premier confinement, le mouvement et le monde à l’arrêt, que Priscillia a enfin le temps de lever le pied et de penser à l’après. Déjà en contact avec Marie Toussaint, elles se découvrent des convictions politiques similaires. Elles écrivent Ensemble, nous demandons justice – Pour en finir avec les violences environnementales. En parallèle, Priscillia, voulant renforcer son apprentissage de terrain par des formations en ligne aux campagnes et à la communication politique. D’abord chez Investies, une formation de femmes politiques puis à l’Académie des futurs leaders.

Ensuite, en 2022, Priscilla Ludosky crée le CLSE, collectif des luttes sociales et environnementales, dédié aux départements dit d’Outre-Mer. Deux ans plus tard, elle est sur la liste électorale des écologistes aux Européennes mais ne sera pas élue. Elle reste impliquée politiquement dans les « Victoires Populaires ». Un mouvement dans lequel elle retrouve ses valeurs d’écologie, de justice sociale et de renouveau démocratique. Depuis 2018, Priscillia Ludosky, n’a rien lâché « sur le terrain, dans mon travail, dans l’associatif ou dans mes livres, tout cela va dans le même sens : plaider pour une connexion entre les luttes et des luttes avec les partis politiques. »

Réalisation et montage : Elliot Clarke / Article : Justine Kouassi