Assemblées citoyennes, data centers, candida-tour et éducation mortelle – 01/09/26
Jean-Marc Jancovici lance une Assemblée citoyenne ambitieuse, et déjà très suivie et ça va faire du bien à la campagne présidentielle (1.). Plus localement, de nombreux collectifs d’habitants ruraux défendent leur territoire contre l’arrivée, non-consentie, de gros data centers problématiques (2.). Francis Lalanne joue aux candidats, mais les médias, ils jouent à quoi en en parlant ? (3.). C’est aussi la rentrée des classes, l’occasion de parler un peu plus de la mort, de l’argent et donc, bizarrement, de citoyenneté (4.) Ce sont les actus de la semaine !

1- Avant la Présidentielle, Jancovici joue l’accord commun
The Shift Project, think tank pour décarboner l’économie, et son très médiatisé fondateur, Jean-Marc Jancovici, se lancent dans l’organisation d’une assemblée citoyenne s’enthousiasme Carenews. A quelques mois de la Présidentielle, l’initiative, apartisane, est louable : réunir 150 citoyen-nes tiré-es au sort dans toute la France pour trouver “Un commun accord” sur les grands défis écologiques et sociaux de demain. “Comment arbitrer entre la liberté de voyager des gens et le coût environnemental de ces transports ?”, “Veut-on des voitures moins chères mais chinoises ou du made in France coûteux ?” Autant de questions qui pourront être posées aux participant-es. Tout le monde pourra aussi proposer des sujets et hiérarchiser ces défis et discussions à venir sur une plateforme participative.
Le dispositif déjà soutenu sur Ulule par plus de 119 000 personnes indemnisera les participant-es. Res Publica, un cabinet de conseil en concertation garantira aussi le bon déroulement des échanges avec des expert-es, scientifiques, associations ainsi que l’élaboration de recommandations citoyennes. Ce sera à l’Assemblée citoyenne de décider ce qu’iels voudront en faire à la clôture du dispositif, juste avant l’élection présidentielle. Sans aucune certitude que les candidat-es intégreront leurs conclusions aux programmes, Jean-Marc Jancovici espère, avec ce dispositif, garder l’écologie au centre des débats.
Le panel se réunira le week-end du 19 septembre prochain aux Arts et métiers à Paris. Une semaine après celui de la Convention citoyenne sur la démocratie organisée à l’Université de Lille. Également issue de la société civile, cette assemblée de co-décision réunira citoyen-nes, expert-es et député-es qui définiront ensemble de mesures de renouveau démocratique pour 2027. En cette rentrée en campagne, la parole citoyenne va essayer de compter !

2- Dans l’Oise ou en Seine et Marne : y a pas moyen Data
A Rantigny dans l’Oise comme à Fouju en Seine et Marne, le mois d’août est brûlant, la sécheresse ravage les champs et les projets de data centers font enrager les habitant-es. France 3 a suivi la rencontre citoyenne de “Stop Campus IA” face à l’un des plus gros projets européens de centre de données. Reporterre a participé à la clôture de l’enquête publique à Rantigny pour décider de l’ouverture de deux “radiateurs géants” à horizon 2029. Deux salles, une seule ambiance et des constats démocratiques accablants.
Les habitants ne semblent pas séduits par l’arrivée de ces structures du numérique dans des territoires ruraux très attachés à leur agriculture, leur tranquillité ou leur environnement. Malgré des probables pollutions issues de ces centres de données (PFAS), le réchauffement des alentours (jusqu’à +2 degrés) ou la forte consommation en eau de ces structures (3-4 piscines olympiques par an…), les autorités vont de l’avant. Élus, préfets, régions restent sourds à la méfiance populaire comme aux constats des experts environnementaux. Ils se cachent derrière des enquêtes publiques jugées “bâclées”, trop courtes et présentant “des anomalies”. Dans les deux départements, comme dans beaucoup de localités, comme à Mulhouse, les citoyen-nes ne comptent pas abandonner leur habitat à la course à l’IA…
Et parfois, ça marche ! Au Bourget, le maire a soutenu le collectif local en lutte et le projet de data center a même été annulé.
3- Comment traiter les “petites” candidatures présidentielles ?
Arrêt sur Images a buggé sur l’annonce de candidature présidentielle de Francis Lalanne (oui oui… avec Dieudonné…). Pas tellement pour ce qu’elle est, une déjà trop vaste blague, mais pour le traitement médiatique qui lui a été réservée. Contrairement à Anasse Kazib, candidat trotskiste de Révolution permanente ayant obtenu 122 parrainages en 2022, Lalanne est “officiellement” défini comme candidat dès son annonce. Une divergence des traitements médiatiques qui en dit long sur les inégalités entre les candidatures et relevée en détails par Arrêt sur images.
C’est un peu comme le MEDEF qui se passe d’inviter Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière, alors qu’elle a de fortes chances d’obtenir ses 500 parrainages comme en 2022, en 2017 et… en 2012. La hiérarchie médiatique des candidatures leur donne, ou non, un poids idéologique dans les débats, une chance ou non d’obtenir les parrainages pour entrer “officiellement” dans la course.
HugoDécrypte a, par exemple, fait ressortir la candidature quasi anonyme du jeune Manolo Mlekuz qui défend une assemblée constituante pour réformer nos institutions. La vidéo a fait 5 millions de vues et ses réseaux sociaux ont décollé. De quoi alimenter les débats plus que les clics faciles avec Francis Lalanne !

4- Eduquer à la mortalité, c’est faire société
C’est la rentrée, direction les salles de classe, le bureau, le chômage. En tout cas, un jour de plus vers la mort ! (rires… ?) Autant savoir en parler et appréhender le concept dès le jeune âge, non ? A l’image des Cafés mortels rennais dont on avait fait un reportage, des enseignants se sont lancés dans “l’éducation à la mortalité” dans l’Yonne, raconte Politis. Un espace d’échange sur notre finitude, jugé salutaire par les élèves participants et démocratique par le personnel éducatif. Eduquer à notre propre finitude comme à celle du Vivant ouvre les réflexions écologiques, fraternelles, des chemins d’universalité peu explorés en France. La mort, le deuil, sont des expériences collectives, des portes d’entrée parallèles à la citoyenneté.
Une possibilité qui interroge aussi Le nouveau paradigme mais côté “Argent”. Tous les élèves de quatrième vont s’initier à des rudiments d’économie, du moins de gestion de leurs premières dépenses. On va apprendre à nos jeunes à consommer mais pas forcément à comprendre la nature des dépenses, la part de TVA (donc d’impôts) dans nos achats, la finance verte ou juste l’importance de réguler ses envies de consommation. Mort, argent ou même sexualité reviennent quoi qu’il en soit, un peu toujours, à parler de citoyenneté. Dommage qu’on y accorde si peu de temps dans les programmes.
Les recommandations de la rédac
Faire le job (Matthias Vaysse, 2026)
Faire le job est une série courte à retrouver sur Arte. Une porte d’entrée accessible dans les réflexions sur la place du travail dans nos vies, des relations qui le façonnent comme des possibilités de faire autrement.
Du management toxique à la possibilité d’un travail écologique, ça se dévore en une heure avant d’aller creuser ce qui se fait par ailleurs dans les SCOP et SCIC partout en France par exemple !
Fake Off s’attaque à la désinformation climatique et monte des ateliers d’éducation aux médias (EMI) à destination des jeunes sur le sujet. Forts de leur expérience en EMI et d’une équipe de journalistes aguerris (dont certain-es de MOB !), ils ont besoin de notre soutien pour lancer ce projet écolo-éducatif !
Et pour l’occasion l’association 1% for the planet double votre don (jusqu’à 3000€/asso soutenue). Puis globalement, Fake Off comme le Bondy Blog participent à l’empouvoirement médiatique des jeunes, et ça c’est très cool.
A la semaine prochaine pour plus d’actus démocratiques. Et, en attendant, prenez soin de vous,
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L’équipe MOB



