Liberté de la presse, Municipales et science-fiction révolutionnaire – 18/02/26
Cette semaine, on voulait, avant tout, vous raconter le foisonnement démocratique des Municipales, le combat de Démocratiser la politique pour la parité sociale (vidéo ci-dessous), les listes citoyennes. On aurait aussi voulu décortiquer l’entrave parlementaire à une proposition de loi sur le RIC délibératif et le silence des grands médias à ce sujet.
Mais cette semaine, un militant nationaliste d’extrême droite a été tué, emportant tout dans le tumulte politico-médiatique. Une mort tragique et condamnable qui devient pourtant un outil de bataille culturelle pour le Rassemblement national comme le raconte Libération.
Plutôt que de s’engouffrer dans les spirales d’argumentation sur la responsabilité de LFI (ou du collab de son député Raphaël Arnault…), de Némésis (collectif “féministe” d’extrême droite), on préfère interroger le traitement médiatique de tout cela. Car, derrière les jeux politiciens, les milliardaires aux manettes des chaînes d’infos et autres journaux soufflent sur les braises. L’occasion de vous partager un article exclusif de notre magazine à paraître. Mais aussi de contrebalancer la focale sur “l’extrême gauche” pour rappeler ce que fait l’extrême droite dans ses villes, depuis 2020 (vidéo ci-dessous). Bonne lecture !

Bataille médiatique, pagaille démocratique
Face à la mainmise des ultra-riches sur les médias, aux menaces qui pèsent sur l’audiovisuel public et à la montée en puissance de l’extrême-droite, protéger l’information n’a jamais été aussi capital. Entre propositions législatives et initiatives portées par les médias indépendants, des réponses émergent afin de garantir aux citoyen·nes l’accès à un travail journalistique de qualité.
Le paysage médiatique français tient désormais plus de la carte postale, figée et sans relief, que du long-métrage aux points de vue variés. Neuf milliardaires contrôlent plus de 90 % des médias privés : une hyper concentration inédite, qui met à mal le principe de pluralité des sources d’information et des opinions.
Ce qui n’empêche pas les magnats de continuer d’acheter des titres de presse aux autres, ou entre eux, comme des écoliers qui s’échangent des cartes Pokémon. Rien qu’au dernier semestre 2025 : en septembre, Brut. est acheté par Rodolphe Saadé, déjà propriétaire de BFM TV, de La Provence et d’autres ; puis, en novembre, Bernard Arnault (LVMH, Le Parisien) rachète Challenges, dont il avait déjà 40% de parts, et les magazines La Recherche et Sciences et Avenir à Claude Perdriel. [LIRE LA SUITE]
Les Municipales sous le Radar (avec Mediacités)
Radar #10 : Des mairies d’extrême droite, ça donne quoi ?
Le Rassemblement national, on n’a jamais essayé ! Quelques semaines avant les élections municipales, cette théorie absurde remonte à la surface. Pourtant, le parti d’extrême droite (et affiliés) est déjà au pouvoir dans une dizaine de communes en France. Majoritairement dans le Var et les Hauts-de-France.
Alors pourquoi, au niveau national, ils n’en parlent pas tant que ça ? Peut-être parce que le bilan de ces villes et villages a de quoi inquiéter sur bien des aspects. Entre casse du service public, mépris des acteurs sociaux et associatifs et abandon d’une partie de la population.
Parité sociale locale : où sont les classes pop ?
Les ouvrier-es, les employé-es, les gens des quartiers, iels sont où ? C’est la question que se pose le collectif DLP, Démocratiser la politique, depuis plusieurs mois. Alors que, sur les quelques 2 millions de candidatures à des élections entre 2002 et 2026, presque 30% viennent de ces catégories socioprofessionnelles, très peu arrivent à être élus. Comment lutter contre ?
DLP a développé des outils pour identifier les problèmes de représentation dans les listes élues en 2020 mais aussi pour faire mieux en 2026. Une cartographie pour faire l’état des lieux et un tableur pour tester la parité sociale, l’équilibre des classes sociales, dans nos communes. Annie Lahmer, membre du collectif et militante vous explique tout.
Les recommandations de la rédaction
Le présent nous inquiète, qu’en sera-t-il demain ? Le média Usbek et Rica nous a donné envie de lire Demain, les origines de Christian Chavassieux.
Roman d’anticipation révolutionnaire, “qui s’autorise tout” nous disent les journalistes. Autogestion, révoltes, féminisme sur fond de coup d’Etat en France (gloups).
On ne sait pas si c’est un refuge mais ça ressemble plus à notre genre de “boîte d’allumettes”.
Prenez soin de vous,
L’équipe MOB


