Dérèglement climatique : et si nous faisions « écosystème » ? – 27/08/26
L’élection présidentielle est dans quelques mois, et jusqu’ici, tout va bien car Macron nous a dit qu’il avait « fait un gros travail pour l’adaptation climatique« . Les incendies incontrôlables, les canicules meurtrières et la sécheresse inquiétante des derniers mois ne semblent pas le faire se remettre en question. L’actualité écologique de l’été, à quelques mois d’une Présidentielle est pourtant extrêmement politique.

100 000 hectares de forêts brûlées, des pompiers en danger, de nombreuses départements en sécheresse, des milliers de gens impactés directement et des millions en situation d’écoanxiété. En face, la réponse du gouvernement et de la classe politique au pouvoir est inexistante. Voire carrément à contre-courant. On l’a vu avec le vote de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des insecticides probablement nocifs mais facilite aussi l’installation de mégabassines ou de fermes-usines. Au point même que ses ministres essaient de quitter le navire. Monique Barbut, ministre de la transition écologique a essayé, avant de se rétracter, au vote de cette loi. Ils se moquent même carrément des français-es en annonçant réhausser le budget du Fond vert, charcuté seulement quelques mois auparavant.
L’enjeu derrière tout cela est pourtant pressant et dépasse la construction de quelques Canadairs ou l’achat de climatiseurs. Le problème réside dans notre capacité à faire écosystème. Un écosystème c’est un ensemble d’êtres vivants qui cohabitent et coexistent de manière équilibrée. Et je vous parle pas du pays des bisounours pour autant hein : même sans humain, un écosystème animal est fait de prédateurs et de proies, d’inégalités, d’accidents et de drames. Mais dans un écosystème stable, chacun trouve sa place. On n’essaie jamais d’y annihiler une espèce ou de nuire à son lieu de vie. On coopère avec notre environnement, un mode de vie durable encore défendu aujourd’hui dans certains peuples autochtones.
Crise climatique = crise sociale
A l’inverse, les pays dits développés du monde entier font tout l’inverse. Les énergies fossiles représentent toujours, en 2026, 80% du mix énergétique mondiale. Leur exploitation ne ralentit pas et ses conséquences sur l’environnement ne sont plus un secret pour personne. Par ailleurs, les multinationales et milliardaires continuent d’en profiter et les écarts de richesse d’augmenter. Alors même que ce sont les plus précaires qui en subissent les conséquences en premier : on l’a vu cet été au Porge dévasté par les incendies ou dans les logements étudiants, beaucoup de passoires thermiques.
Le problème réside dans notre capacité à faire écosystème. Un ensemble d’êtres vivants qui cohabitent et coexistent de manière équilibrée. Et je vous parle pas du pays des bisounours pour autant hein […] On n’essaie jamais d’y annihiler une espèce ou de nuire à son lieu de vie.
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Alors oui, fin août, plus personne n’ose, pour le moment, nier le réchauffement climatique, pas même sur les plateaux de télévision comme CNews, généralement climatosceptiques. Il est trop tard pour cela. Ce qui nous reste à faire infuser, dans les médias, la classe politique et les esprits, c’est à quel point nous devons, collectivement, nous adapter à ce nouveau monde. Une nécessitée détaillée par Jean-marc Jeancovici sur le plateau de France Inter il y a quelques jours : « On est en train de perdre le climat du passé […] pour la plupart d’entre nous on est entre le déni et la colère […] il faudrait arriver à en faire son deuil. »
Faire le deuil de l’ancien monde, c’est difficile mais c’est aussi accepter qu’on peut en inventer un nouveau : plus équilibré et respectueux de l’ensemble des citoyens mais aussi du vivant. Ce sur quoi surfent les candidats présidentiels à gauche de l’échiquier depuis cet été, avec plus ou moins de sérieux Mélenchon défend la création d’écorégions et de « conscriptions écolos« , là où Glucksmann bafouille encore un plan écolo sur 100 jours pour une « République écologique ».
C’est aussi une ligne directrice de MOB pour ces prochains mois, en racontant par exemple comment certaines structures comme Wild Legal souhaitent instaurer de nouveaux droits pour la Nature. On espère, en tout cas, que la thématique reste centrale durant toute la campagne présidentielle. Parce que, pour l’instant, on est plus prêts de la chute que de l’atterrissage.
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Elliot Clarke

