Retraites, Kanaky, assos en danger et doléances – 22/10/25
Sarkozy arrive d’ailleurs en prison, mais pour combien de temps… ! On s’en fiche mais cette semaine est placée sous le signe des condamnations. D’abord celle de la Réforme des retraites, gelée jusqu’à la Présidentielle 2027 par le Premier ministre (1.). Les Doléances citoyennes, elles, font appel. Du moins celles et ceux qui les défendent pour les remettre au goût du jour (2.). On condamne par contre fermement les atteintes aux droits des migrants : celles, mesquines, de Bruno Retailleau mais aussi les violations systémiques de l’Etat français (3.). Les associations de défense des droits humains sont aux premières loges de ces dérives du pouvoir politique, y compris à leur égard. Et pour elles, “ça ne tient plus” (4.). Ce sont les actus de la semaine !

1- Mettre LA réforme à la retraite
Du moins jusqu’à l’élection Présidentielle de 2027. Cette mesure, annoncée le 14 octobre à l’Assemblée nationale par Sébastien Lecornu divise. C’est une grande victoire pour certains partis (le PS en tête) et syndicats comme la CFDT et la CFTC mais seulement un petit pas pour d’autres, comme la CGT et FO qui soulignent la nécessité d’abroger totalement cette réforme, et de ne pas se contenter de la suspendre. Un gel temporaire qui a déjà des effets sur les citoyens selon France Bleu.
Une suspension que nuance, par ailleurs, déjà Emmanuel Macron… vivement sa retraite en 2027 ?

2- Paroles citoyennes, silence politique
En 2019, face à la crise des Gilets jaunes, Macron avait organisé le “Grand Débat”. Afin de rétablir le dialogue entre le gouvernement et les citoyens, des milliers de “cahiers de doléances” avaient été récoltés, partout en France. Doléances depuis mises au placard dans les archives départementales.
Six ans plus tard, des élu-es, associations et chercheur-euses continuent de défendre cette parole citoyenne. Ou de l’analyser. A l’image de la linguiste Manon Pengam, à lire dans Ballast.

3- Droits des migrants, droits dénigrés
Avant de quitter ses fonctions au gouvernement, Bruno Retailleau réhausse la difficulté de l’examen citoyenneté (TCF – test de connaissance du français) pour les étrangers. Le 10 octobre, 2 jours avant la fin de son mandat, l’ex ministre de l’intérieur pose de nouvelles conditions pour les étrangers désireux d’obtenir leur carte de séjour. Un coup bas dénoncé dans Ouest France par des associations.
D’autant que, la même semaine, un rapport de l’ONU dénonce le traitement français des mineurs isolés étrangers, lit-on dans l’Humanité.

4 – SOS : associations en danger
Ça ne tient plus ! Face à la baisse des financements, le Mouvement associatif descend dans la rue, et il n’est pas seul. Le 11 octobre, 300 actions de mobilisations sont menées à travers la France pour alerter sur l’urgence financière. “Sans association, il n’y a pas d’action publique en protection de l’enfance ou dans le champ du handicap” rappelle le président de l’UNIOPSS (union des assos du social, sanitaire et médico-social) dans Carenews.
Ce ne sont pas moins de 700 000 associations qui sont touchées et des millions d’engagé-es.

Du côté de chez MOB
Kanaky : l’urgence de l’indépendance
Avant de nommer son gouvernement, l’actuel Premier Ministre Sébastien Lecornu a déclaré avoir deux priorités : le budget 2026 et la Nouvelle-Calédonie. Une insistance rare sur cette collectivité d’Outre-mer (COM) qui s’explique pourtant. Les Calédoniens sont en plein processus d’indépendance vis-à-vis de l’État français.
Et l’urgence électorale locale de novembre incite le gouvernement a accéléré la signature de l’accord de Bougival de cet été. Au risque de déplaire aux indépendantistes kanaks, originaires de l’Archipel. Brenda Wanabo-Ipeze, porte-parole du FLNKS y voit une tentative de maintenir la « Kanaky » dans la France.
Un enjeu de décolonisation fort pour la France et un sujet législatif complexe qui montre à quel point la fabrique de la loi impacte la vie des gens au quotidien.
Les recommandations de la rédac
J’irai voter pour nous (documentaire)
Un documentaire de 55mn vient de sortir sur la chaîne de Fréquence Commune : “J’irai voter pour nous”. L’immersion dans une campagne électorale citoyenne menée en 2020 par le collectif “Nous sommes” à Montpellier.
La réalisation est assez classique ce qui n’empêche pas d’être pris aux tripes par cet engagement citoyen et leurs défis face aux rouages électoraux.
A quelques mois de nouvelles Municipales (mars 2026), Fréquence Commune dénombre quelques 300 listes participatives et/ou citoyennes. “Nous sommes” transforme l’essai et apprend de ses leçons en changeant de nom mais pas sa formule municipaliste : “Cause commune” repart à l’assaut de Montpellier.

Le Parlement des colères (théâtre)
Sinon, si vous êtes du côté de Clermont-Ferrand, on vous propose une sortie théâtre !
Le Parlement des colères lance ses Premières les 3 et 4 novembre à la Comédie de Clermont. Un projet qui vise à “politiser la colère” pour reprendre la compagnie Les Guêpes Rouges, à l’initiative de ces représentations.
Un dispositif théâtral qui propose à des jeunes de se raconter et de donner des “leviers démocratiques” à leurs récits. On valide, on va peut-être même faire un sujet ! En attendant, prenez soin de vous,
L’équipe MOB



