Urgence écolo, liberté d’expression des mineurs et “Cafards révolutionnaires”

En attendant de nouveaux articles et vidéos, replongeons ensemble dans l’été. Les canicules, incendies et sécheresses sont éminemment politiques, mais que faire à notre échelle (1.) ? L’action commence parfois sur les réseaux, surtout pour les plus jeunes. Une liberté d’expression défendue par le Conseil constitutionnel qui déplaît à la droite (2.). L’exemple indien de la révolte des “Cafards” est représentatif de l’engagement “renouvelé” de la Gen Z, sans qu’on l’idéalise (3.). Enfin, il semblerait qu’on ait des leçons socio-politiques à tirer des dernières municipales, particulièrement à Toulouse (4.).

1- Incendies, sécheresse, canicules : l’urgence climatique ne devrait plus attendre

Impossible d’avoir raté l’actualité principale de l’été : les canicules intenses, des incendies dévastateurs et une sécheresse aux conséquences dramatiques pour l’agriculture, la faune et la flore. La cause principale de ces catastrophes : le réchauffement climatique. Bon Pote détaille en profondeur l’urgence de la prise de conscience à la fois politique, médiatique et citoyenne de l’enjeu écologique.

Car, des étés comme celui-ci, nous en vivrons d’autres, et plus fréquemment. Alors comment réagir collectivement ? Vous pouvez déjà commencer par raconter comment ces épisodes climatiques impactent votre vie. Une perte de logement, des soucis de santé, de l’anxiété ? Notre affaire à tous, Oxfam et Greenpeace ont lancé une plateforme pour partager tout cela : https://secompterpourpeser.org/frise-climatique/

138 000 personnes ont déjà témoigné. Une initiative de la société civile pour peser dans les décisions politiques, à quelques mois d’une Présidentielle où la question climatique est pour le moment absente. Les ONG à l’initiative font également 30 recommandations pour l’Etat et les candidat-es en campagne : de la gestion de l’eau à la protection des logements privés en passant par la limitation de l’artificialisation des sols. Avant de voter, vous pouvez déjà inciter les partis à se saisir de ces enjeux.

2- La liberté d’expression, c’est aussi pour les mineurs dit le Conseil constitutionnel

Le camp présidentiel et ses alliés de droite ont essayé d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Une proposition de loi qui avait toutes les chances d’être retoquée, rappelle Mediapart. Ce que n’a pas manqué de faire le conseil constitutionnel (CC), saisi par la gauche (LFI, PS), jugeant que la loi portait atteinte à la liberté d’expression et de communication des plus jeunes. Et oui, eux aussi doivent pouvoir s’exprimer ! Leur décision est à retrouver sur le site du CC.

La droite s’est donc attaquée à l’institution, comme à son habitude détaille Mediapart. Gabriel Attal, candidat déclaré à la Présidentielle, a même proposé de lancer un référendum sur le sujet pour outrepasser leur décision. Le CC a ses imperfections mais joue encore, parfois, le rôle de garde-fou constitutionnel, en attendant une réforme complète de nos institutions ?

3- En Inde, les “Cafards” font trembler le pouvoir

En parlant de réseaux, la Gen Z indienne a réussi à nous surprendre dès le mois de juin. Après des insultes de la part d’un juge suprême, un étudiant a lancé une “campagne politique” humoristique en reprenant ses propos. Le “Parti des Cafards” est né et a vite gagné de l’ampleur : de simples vidéos générées par IA ont mené à de grandes manifestations partout dans le pays. Libération raconte comment ces jeunes ont fait démissionner le ministre de l’éducation, une première pour le gouvernement Modi au pouvoir depuis 12 ans.

Même si la “victoire” de ces jeunes ne change rien à l’autoritarisme du parti nationaliste hindou, elle montre que la mobilisation populaire et étudiante parvient encore souvent à faire bouger les choses. Même si, comme au Népal, Bangladesh ou à Madagascar, l’Humanité souligne qu’après la révolte et le dégagisme doivent venir les régimes démocratiques.

4- Municipales Toulouse : droite = riches, gauche = pauvres ?

A une échelle beaucoup plus locale, Mediacités a profité de l’été pour creuser les résultats des Municipales. Le cas toulousain, où la droite l’a emporté face à l’union de la gauche, est intéressant. La journaliste y analyse un clivage assez marqué du vote en fonction de la classe sociale : plus on est précaire, plus on vote à gauche. Et dans une ville où les classes moyennes et supérieures sont majoritaires : c’est toujours la droite qui gagne. Sans surprise ? Probablement.

Ce qui est intéressant, c’est de voir que l’abstention joue aussi en défaveur de la gauche : les classes populaires votent moins car la culture politique et électorale n’est pas innée. Elle s’apprend (trop peu à l’école) et se pratique (ponctuellement, en période électorale).

A Toulouse, même si les abstentionnistes avaient voté en masse, la droite l’aurait emporté selon Mediacités. Il n’empêche que l’analyse donne à réfléchir sur cette tendance sociale comme sur l’importance de l’éducation populaire et à la citoyenneté pour qu’un maximum de citoyen-nes aient envie de voter.

Les soirées MOB : un rendez-vous pour faire communauté

Après une première édition très réussie en mai dernier (plus de 60 participant-es et des interventions géniales à retrouver en intégralité dans notre captation), on remet le couvert ! Un rendez-vous qu’on voudrait plus régulier pendant les prochains mois : pour se rencontrer et faire ensemble. Parce que, chez MOB, c’est avec nos abonnés qu’on veut jouer collectif.

Le programme est encore en construction mais la salle est réservée : rendez-vous au Point Ephémère (75019) le mardi 29/09 dès 18h30 pour quelques annonces de rentrée mais surtout beaucoup d’échanges et des distributions de magazines à prix libre. On vous en reparle très vite mais on a hâte.

Et parfois on gagne : le podcast des luttes réussies

On vous l’avait conseillé à sa sortie l’année dernière. Depuis, Victoire Tuaillon (Les Couilles et le Coeur sur la table) nous en a mis plein les oreilles. 12 épisodes qui retracent des combats pour les droits sociaux, son territoire, des inégalités.

On a particulièrement aimé celui sur Plogoff (épisode 6) et sa résistance “astérixienne” à l’implantation d’une centrale nucléaire. Et on a trouvé beaucoup d’échos avec notre époque dans celui sur les Suffragettes/Suffragistes (épisode 7) et leur lutte pour le droit de vote des femmes au Royaume-Uni.

Vous reprendrez bien un peu d’inspiration et d’espoir sur Arte Radio ?

Et, surtout, prenez soin de vous,

L’équipe MOB