Jeunesses, institutions, mobilisations : les preuves citoyennes – 12/10.26
Les dernières semaines sont évidemment marquées par les mobilisations lycéennes, leur répression mais aussi l’espoir de changement politique qu’elles peuvent porter (1.). Ces nécessaires réformes voire révolutions de nos institutions, sont débattues avec beaucoup de bienveillance par des citoyen-nes de toute la France, de tous bords politiques, à Lille, depuis septembre. On vous emmène dans la convention citoyenne pour la démocratie (2.). La bataille pour notre avenir, démocratique mais aussi écologique, et nos combats ne pourront se limiter à l’échelle française. La solidarité internationale, la législation européenne, notre santé étaient au coeur de la mobilisation écologiste contre Syngenta, la loi Omnibus X et les pesticides (3.)
1- Ecoutons notre jeunesse
Les mobilisations lycéennes ont pris beaucoup de place ces dernières semaines. Elles ont pu vous enthousiasmer ou vous inquiéter. Elles sont, en tout cas, le catalyseur d’un tas de problèmes politiques majeurs. Ne pas écouter nos jeunes et leurs revendications (très précises) pour leur éducation et leur avenir est indécent. C’est pourtant l’ADN du quinquennat de Macron, placé sous le signe de l’aveuglement aux interpellations de la “société civile”, des gens, des associations et de leurs vécus.
Un aveuglement qui vire très rapidement à la violence et à la répression. 6500 interpellations selon Basta!. Aucun mouvement social en France n’avait subi une telle répression depuis longtemps. D’autant plus, contre des mineurs… On a essayé de suivre cela de près la semaine dernière, même si nous n’avons pas (encore) la force médiatique de traiter, comme les autres, l’actualité “chaude”. Notre article vous apportera néanmoins quelques éléments de compréhension sur la mobilisation.
L’engouement des jeunes montre aussi une grande volonté de changement, de dégagisme joyeux envers une classe politique déconnectée. Et ça, c’est beau. Nous allons devoir repenser, ensemble, notre manière de faire société, les décisions collectives, la représentation politique. A quelques mois de la Présidentielle, ces sujets doivent peser. Et certain-es s’attellent à les porter.

2- Convention citoyenne pour la démocratie : réparer la vie politique
« Je ne sais pas grand chose sur la démocratie, alors je crains de la perdre. C’est étonnant. » Laëticia N. est enseignante et fait partie des 52 personnes tirées au sort dans toute la France pour participer à la Convention citoyenne sur la démocratie. Elle est lucide et enthousiaste sur le sujet : le travail de cette assemblée est titanesque, urgent et vital.
Elaborer, ensemble, la démocratie de demain ? C’est le pari du DemoCIS, un collectif d’universitaires à la manœuvre de la première convention citoyenne sur la démocratie. Lancé mi-septembre à l’Université de Lille, ce dispositif unique invite des citoyen.nes, des élu.es et des représentant.es de la société civile à co-construire un rapport pour améliorer nos institutions, les élections, la représentation politique.
Un projet ambitieux, sur quatre week-ends, pour peser dans le débat public et les programmes politiques avant la Présidentielle de 2027. On a suivi leurs réflexions, dans le premier épisode de notre série sur le sujet.

3- Pesticides : face au colonialisme chimique, la solidarité internationale
“Dire que la science nuance, qu’on n’est pas encore sûrs, c’est non en fait ! Le doute n’est plus permis sur le lien entre pesticides et maladies. Du coup, mettre ma colère en mouvement, ça me fait du bien.” Fleur Breteau, fondatrice de Cancer Colère est remontée, et comme les 10 000 personnes présentes le 3 octobre devant l’usine de Syngenta, elle dit “Stop aux pesticides”.
Des agriculteurs, des militants écologistes, des personnes atteintes de cancer, des soignants, de tous les âges, Français et étrangers se sont rassemblés à Saint-Pierre-la-Garenne dans l’Eure, près de Rouen samedi 3 octobre 2026 lors d’une mobilisation internationale contre Syngenta, une multinationale spécialisée en produits de semences et phytosanitaires. Un espace de convergence des luttes sous haute tension. L’expression parfaite de l’importance de la solidarité internationale face aux législations européennes, aux traités de libre échange et aux entreprises qui nuisent à notre santé, pour leur porte-monnaie.
Du côté de chez MOB

MOB a plus que jamais besoin de vous !
On l’a annoncé lors de notre soirée au Point Ephémère mais on se lance dans un nouveau magazine ! Et pour le financer, pour pouvoir traiter au mieux de l’actualité démocratique des prochains mois comme du risque de l’extrême droite, on a besoin de votre soutien.
On veut rester gratuits, accessibles à toutes et tous mais l’actualité a un coût. Nos journalistes travaillent d’arrache-pied pour vous raconter au mieux les institutions et leur nécessaire réforme, les contre-pouvoirs, les alternatives démocratiques. Aidez-nous à continuer à vous informer et, pour MOB, jouons collectif.
Vos dons sont défiscalisés à 66% et vous aurez le droit à notre super magazine en contrepartie !
La recommandation de la rédac
A première vue, le film de Jeanne Herry n’a pas grand chose à voir avec la démocratie. C’est un excellent film qui nous plonge dans les méandres de l’alcoolisme et ses effets psychiques et sociaux. Adèle Exarchopoulos y est d’une justesse incroyable, comme l’ensemble du casting.
Ce qui est peu commenté, c’est la subtilité des relations sociales avec l’actrice alcoolique, la tension permanente pour savoir comment l’aider.
En filigrane du sujet principal, Garance interroge notre capacité à faire ensemble, à faire communauté (queer en particulier !), en couple ou en amitié mais aussi au travail.
Une narration qui interroge, en permanence ce qu’on est capable d’accepter de l’autre, comme ce qu’on peut s’autoriser à lui partager. Un film très doux sur l’intimité du collectif et son pouvoir de soin.
Prenez soin de vous donc, et à très vite,
L’équipe MOB



